Coupures des pages :
Deux points sont à envisager sous ce titre :
1. La coupure entre deux pages.
Pour moi, la meilleure coupure se trouve au sein d’un mot. Même si ce type de coupure est contraire aux règles de la typographie — et Dieu sait si je respecte les règles établies au cours des siècles par des générations de typographes soucieux du confort de lecture des ouvrages — je lui trouve un avantage fondamental : il oblige, presque instinctivement, à tourner la page. Mieux encore : si le document imprimé est un simple feuillet imprimé recto-verso, ce type de coupure en cours d’article lui donne le sens de lecture qui lui fait défaut, en définissant ainsi une page 1 et une page 2.

2. Les coupures en cours de page.
Il s’agit là principalement des colonnes, des titres, sous titres et surtitres, et des intertitres, éventuellement des photos. Rien n’est moins attirant pour l’œil qu’un « pavé » d’écriture sans aucune discontinuité. Quels que soient les mérites de Proust et d’Italo Calvino, tous deux sont capables de commencer une phrase au début d’une page, et de la finir… on ne sait où. Peut-être une ou deux pages plus loin. Personnellement, bien que j’adore la lecture, cela me rebute. Sachant n’être pas tout seul dans ce cas, j’évite cela, et, pour bien le montrer à mes lecteurs, je scinde toujours mes textes avec des intertitres. Autre avantage des intertitres : ils ont eux-même valeur de titre pour le paragraphe qui suit. Ils restent le dernier espoir de « récupérer » un lecteur qui n’a pas accroché à la vue du titre ou d’une photo illustrant l’article, et qui parcourt la page d’un œil distrait.
Enfin, ils permettent de dire éventuellement deux fois une chose importante : une première fois dans l’intertitre, une seconde fois dans le paragraphe qui le suit.