200px_Patrick_Devedjian_2007_06_06_n1Désaccords au sein de la majorité

Les 35 heures fêtent aujourd’hui leurs 10 ans. A l’occasion de ce 10e et peut-être dernier anniversaire, le secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian a déclaré que le temps était venu de les démanteler. De son côté, Jean-Pierre Raffarin, vice-président du même parti, a affirmé souhaiter qu’on n’y touche pas. Quand à Xavier Bertrand, ministre du Travail, il a déclaré vouloir les maintenir sur la base du volontariat, en facilitant le rachat des RTT, car, pour lui, les 35 h sont « le déclancheur des heures supplémentaires. » Une position soutenue par Nicolas Sarkozy, qui commentait : « Référez-vous à ce qu'a dit Xavier Bertrand. Comme toujours, il a bien parlé. »

Au bout de dix ans, on se rend compte que le nombre des emplois créés n’a pas été à la hauteur des espérances affichées par le PS, et que l’œuvre de Martine Aubry a surtout profité aux cadres. Dans certains secteurs, les salariés ont même été pénalisés par les 35 heures en terme de pouvoir d’achat : les patrons, fortement pénalisés par des taxes très fortes sur les heures supplémentaires qui constituaient un complément de revenus non négligeable pour leurs salariés, ayant été incités à supprimer celles-ci.
En fait, et peut-être cela n’a-t-il pas été suffisamment dit, les 35 heures, sous couvert social, avaient un objectif qui était avant tout d’améliorer la productivité dans les entreprises françaises. Celles-ci avaient il y a dix ans un retard considérable à rattraper dans ce domaine sur leurs concurrentes étrangères. Les 35 heures ont obligé les entreprises françaises à remettre à plat leurs process pour faire en 35 h ce qu’elles faisaient jusque-là en 39 h ; en ce sens, l’objectif a été atteint. Cela dit, des secteurs entiers ont été gravement touchés : l’hôpital, par exemple, ne s’en est toujours pas remis.

On se rend compte aujourd'hui que le problème a été déplacé. Alors que le véritable problème à l'époque était de permettre aux entreprises de découvrir comment produire plus dans le même temps, on les a incitées à produire autant, mais plus rapidement. L'effet pervers des 35 heures est qu'aujourd'hui la France est l'un des pays où le temps de travail légal est le plus faible — attention, il ne s'agit pas du temps de travail effectif — et que tout le monde (entreprises et salariés) s'y est habitué. Revenir en arrière pour travailler plus sans gagner plus ne sera pas chose facile. (crédit photo de P. Devedjian : Marie-Lan Nguyen/Wikipedia Commons).