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S’il est exact que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables, aujourd’hui on n’en manque pas, et les stocks ne sont pas menacés. Pour Marc Touati, directeur général délégué de Global Equities, la hausse du prix du pétrole est une bulle spéculative qui pèse de 1,2 % sur la croissance mondiale. Cette bulle est alimentée par les investisseurs qui ne veulent plus rentrer sur le marché des actions, et préfèrent investir sur les marchés des matières premières… dont le pétrole. Selon ses termes, si cette bulle spéculative ne se dégonfle pas bientôt, « on va dans le mur ». De son côté, le patron de l’Opep, cité par France Info, reconnaît qu’avec un baril à 135 $ (cours qui vient d’être atteint), « le marché est devenu complètement fou. »

A l’autre bout de la chaîne, on trouve des consommateurs de produits raffinés, dont les routiers. Le prix des carburants étant une des clés de voûte de notre société, j’ai entamé début avril une série d’articles sur le sujet. J’avais écrit le 17 mai sur ce blog qu’une promesse faite par le gouvernement aux marins-pêcheurs serait aussitôt suivie d’actions des routiers. C’est chose faite.
Gilles Seurre, le vice-président de l’Unostra, le syndicat des routiers, vient de monter au créneau. Estimant que depuis le début de l’année la hausse des carburants a causé la faillite de 500 entreprises de son secteur et la perte de 5000 à 7000 emplois, il demande la création d’urgence d’une cellule de crise incluant des membres du gouvernement français et des instances bruxelloises, avec notamment pour idée de remettre à plat la politique des taxes sur le carburant pratiquée par la France. Gilles Sœur estime que la France est le pays d’Europe où le carburant est le plus taxé, et que cela met a mal les entreprises de son secteur dès lors qu’elles se trouvent en concurrence avec des routiers étrangers. Il souhaite que des négociations soient entamées le plus vite possible, en tout cas avant la date du 2 juin, où il envisage de débuter des opérations « escargot » à travers le pays.