Marketing politique, culture et réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est un phénomène aisément constatable : ça faisait longtemps que le printemps n’avait pas été aussi chaud. Le gouvernement a réussi l’exploit de mettre dans la rue, sur la rade et bientôt sur les routes une bonne partie de la population, y compris des gens qui n’avaient jamais manifesté et qui ont décidé de se mobiliser aujourd’hui. Lycéens, enseignants, marins-pêcheurs, routiers, futurs retraités, parents craignant pour l’avenir de leurs enfants, tous ont un point commun : leur mécontentement devant une situation qui ne cesse de s’aggraver. Il faut dire que le gouvernement actuel récolte ce printemps ce qu’il a semé depuis l’été. Quand la communication présidentielle devient quantitative plus que qualitative, et tient plus du « story telling » que du discours de fond, ça passe quelque temps, mais quelque temps seulement. Il en va de même quand le gouvernement décide au mépris de la volonté du peuple et de ses intérêts. La pression fiscale augmente (ne serait-ce que par les taxes sur les carburants), la fracture sociale est creusée par la fiscalité, les libertés individuelles régressent, les acquis sociaux et culturels disparaissent ou sont menacés (la mixité à l’école). Pour la première fois depuis bien longtemps, les retraités voient leur pouvoir d’achat passer en dessous de celui des actifs. La culture du diktat (« je ne céderai pas »), l’absence de dialogue et de négociation préalable aux grandes décisions, ont conduit dans le passé à des grèves dans des grandes entreprises. Aujourd’hui, l’entreprise s’appelle « France ». Le nom a changé ; le résultat est le même. Une décision grave se vend au peuple et aux partenaires sociaux lors de négociations. Elle ne s’impose pas.