Pour la onzième fois consécutive, l’indice qui mesure le moral des Français est en baisse. La confiance des ménages recule à grande vitesse, ce qui ne sera pas sans conséquence sur la consommation. Une baisse liée à la baisse du pouvoir d’achat, et à la disparition de la confiance des Français dans les instances en place pour améliorer leur situation. Tant qu’un gouvernement n’aura pas décidé de s’attaquer sérieusement à la réduction de la fracture sociale au lieu de l'amplifier, rien ne pourra être fait dans ce pays. Une enquête publiée aujourd’hui dans l’Expansion sur le salaire des cadres montre que la rémunération des patrons du CAC 40 a augmenté cette année en moyenne de 58 % : +5 % de hausse salariale (largement plus que l’inflation), le reste du pactole provenant des stock options. Comment, dans ces conditions, expliquer à un patron de PME dont le moral est en berne parce que le coût des carburants le mène à la faillite qu’il est normal que d’autres gagnent en un an plusieurs siècles de salaire de leurs employés ? Comment expliquer à ceux qui ont déjà du mal à survivre que Pierre Verluca, le patron du leader mondial des tubes en acier Vallourec, ait touché 18,12 million d’euros l’an passé ?

Les inégalités sociales ne sont pas nécessairement une mauvaise chose : elles sont le moteur de l’ambition, de l’action, du désir d’entreprendre. Mais à la condition de rester dans le domaine du raisonnable.