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Hier soir, au JT de 20 h, TF1 a diffusé ces images extraordinaires : Nicolas Sarkozy annonçant, tout sourire et très fier de lui : "La France change beaucoup plus vite qu'on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit !"

Le droit de grève est reconnu depuis la Loi Ollivier du 25 mai 1864. C'est grâce aux grèves répétées de générations de Français que nous avons pu obtenir et défendre un droit du travail équitable et nos acquis sociaux : la réduction du temps de travail à 8h par jour, la sécurité sociale, un système éducatif performant, etc. Le droit de grève est si important qu'il a été inscrit dans la Constitution en 1946 comme un « principe particulièrement nécessaire à notre temps », et étendu à la fonction publique d'où il était initialement absent par arrêt du Conseil d'État (l’arrêt Dehaene du 7 juillet 1950). Beaucoup de gouvernements de droite se sont attaqués ces dernières années au droit de grève, par l'instauration de "services minimum" en contradiction avec la Constitution. A l'étranger, le pire exemple a été donné par l'Angleterre de Margaret Thatcher et les Employment acts de 1980 et 1982 qui ont pratiquement réduit à néant le droit de grève.

En France, il n'est pas innocent que ce soit ce même gouvernement Sarkozy qui s'attaque en même temps à la durée du travail, à la sécurité sociale, à l'éducation nationale et au service minimum, à l'indépendance des chaînes de télévision, au pouvoir d'achat des Français qu'il rogne par l'impôt, etc.
Tout cela est-il en rapport avec la petite taille de notre président ? Une analyse psychologique du personnage serait intéressante à ce sujet. Toujours est-il que la récession qui nous guette n'est pas qu'économique. La France est en train de perdre en quelques années ce qu'elle a mis des siècles et du sang à construire.