434px_Martin_Luther_King_1964_leaning_on_a_lecternCe matin à 5h (heure de Paris), le sénateur Barack Obama va prononcer son discours d'investiture, qui clôturera la convention du parti démocrate américain. Le parti lui a hier soir accordé l'investiture « par acclamation », une procédure prévue par le parti démocrate, mais à laquelle on ne se serait pas attendu il y a quelques mois. Bref, tout roule pour le mieux pour Obama : réconciliation avec Hillary Clinton, soutien de Bill Clinton qui a dit de lui qu'il était « prêt à devenir président », appui de Ted, le dernier du clan Kennedy, gravement malade (Ted Kennedy est atteint d'un cancer du cerveau). Face au conservatisme incarné par John McCain, Barack Obama, premier noir à recevoir l'investiture d'un grand parti pour les présidentielles, a choisi cette nuit de jouer sur des symboles forts : il tentera comme John Kennedy d'enflammer par son premier discours de présidentiable le public d'un stade (celui de Denver, où on attend 75000 personnes), en présentant sans doute sa vision du rêve américain et son programme électoral. Et la date du 28 août n'est pas anodine : le 28 août 1963, il y a tout juste 45 ans, le pasteur Martin Luther King prononçait sur les marches du Lincoln Memorial son grand discours sur l'égalité des Noirs et des Blancs : « I have a dream... » Gageons que ce sera un grand moment. Si la réunification du parti démocrate est désormais acquise autour d'Obama, tout n'est pas pour autant gagné pour le jeune candidat : il a en face de lui un McCain très fort dans les Etats de l'Amérique profonde. Et surtout, il est pénalisé par l'attitude actuelle de la Russie : la peur de la guerre – même froide – profite directement au clan de la sécurité, de la lutte contre les « forces du mal » et de la guerre en Irak et en Afghanistan, c'est à dire à McCain. (Crédit photo : Martin Luther King, 24 mars 1964, auteurs : Trikosko, Marion S.)