Logo_3A logo_euromed L'e-mailing politique en France a fait sa première apparition massive fin septembre 2005 avec le "Sarkospam". Il est intéressant de voir le refus de la Cnil d'assimiler purement et simplement l'e-mailing politique à l'e-mailing commercial en déclarant son incompétence pour ce faire. De manière générale, si le marketing politique décalque ses pratique sur celles du marketing commercial – et entérine de ce fait la similitude entre une idée et un produit/service –, le consommateur/électeur et les autorités de régulation ont un peu plus de mal à sauter le pas.
Les plaintes des internautes recevant le Sarkospam me font penser un peu aux publiphobes qui affichent "stop pub" sur leur boîte aux lettres : ce faisant, ils passent régulièrement à côté de produits et de promotions qui auraient pu les intéresser et leur rendre des services.

En matière de démocratie, on aurait pu croire que l'e-mailing politique aurait pu permettre une meilleure information des électeurs, et une plus grande ouverture du débat politique. Débat dont il faut bien dire qu'en France, il est aujourd'hui réduit à zéro. A force de prendre l'électeur pour un demeuré manipulable à souhait par les partis et les candidats, le législateur, paternaliste et surprotecteur, l'a tout bonnement coupé de ses sources d'information.
Comme si recevoir dans sa boîte-mail une pub pour Sarkozy était une action plus intrusive et plus délétère pour la vie privée de l'individu que le tract légalement glissé dans la boîte aux lettres ! Alors que c'est tout le contraire : rien n'oblige à ouvrir un spam, alors que la vision de la page de garde d'un tract (ou de sa dernière couverture) est obligatoire – ne serait-ce que pour le prendre dans la boîte et le jeter au panier.

Et quand bien même cela serait, je préférerais de loin que tous les Français aient pu recevoir dans leur boîte-mail le projet de Constitution européenne, plutôt que de voter comme des moutons aveugles sur un texte qu'ils n'ont pas lu, et auquel ils n'ont rien compris.
Aujourd'hui, les Français sont très mal informés, et les petits partis peinent à faire entendre leur voix – il faut dire aussi que le PS et l'UMP ne se sont jamais vraiment buttus pour leur en donner la possibilité.
On aurait pu rêver qu'un e-mailing politique tel qu'il existe dans les pays anglo-saxons contribue à l'émergence en France de nouvelles idées et de nouveaux leaders. Ce sera... pour plus tard.

En attendant, l'e-mailing politique est très sévèrement encadré dans notre pays, même si le ministère public n'est pas très chaud pour donner suite aux plaintes des particuliers : à ma connaissance, aucune n'a reçu de suite à ce jour.
Vous trouverez dans le diaporama ci-joint les bases de sa réglementation, qui fait peser une très sérieuse épée de Damoclès sur les têtes des contrevenants.

Le diaporama ci-dessous est destiné aux étudiants de 3A à Lyon qui ont travaillé sur le sujet à la fin de l'année 2008, et aux étudiants d'Euromed Management à Marseille qui suivent mes cours depuis la mi-janvier.
Il n'est pas destiné à la diffusion. Si vous souhaitez des précisions sur tel ou tel point abordé dans ce diaporama, n'hésitez pas à laisser votre question en commentaire de ce message. J'y répondrai dès que possible.

Pour télécharger ce document, cliquez sur le lien ci-dessous :
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