26 mars 2008
Municipales et cantonales 2008 — Qu'en penser ?
Physique : c’est le mot qui convient pour une campagne électorale. Quelle qu’elle soit. Un proche de François Bayrou me disait au mois de mars 2007 qu’il avait déjà perdu 8 kilos depuis le début de la campagne. Les candidats perdent des kilos ; leurs consultants aussi. Les dernières semaines s’étant passées en nuits blanches et en journées de travail intensif, j’avoue avoir pris un peu de repos ces jours-ci. C’est pourquoi vous n’avez pas trouvé sur ce blog d’analyse vraiment fouillée des dernières élections.
Grosso modo, quelques remarques : Dans les communes de moins de 3500 habitants (la majorité), le scrutin ne peut avoir qu’une lecture locale. Sans y mettre rien de péjoratif, c’est « une histoire de clocher ». Les gens connaissent souvent personnellement les candidats, notamment les sortants, et ont ou n’ont pas quelque chose à leur reprocher.
Ce sont les villes de plus de 30.000 habitants qui doivent être lues véritablement comme porteuses d’un message concernant les grandes formations politiques : à défaut de connaître les candidats, on vote pour les étiquettes qu’ils représentent. Ce n’est bien sûr pas complètement vrai (les programmes et la gestion des sortants pèsent dans la balance), mais disons que c’est plus vrai que dans les petites communes. Au soir du second tour, on a de suite noté le passage à gauche de Reims, Amiens, Metz, Périgueux, etc. On trouve aujourd’hui un maire de gauche à Saint-Etienne, Saint-Denis de la Réunion, Quimper, etc. A Amiens, Gilles de Robien a clairement payé son soutien à Nicolas Sarkozy durant les présidentielles, et peut-être, dans une moindre mesure, sa politique de grands travaux.
A gauche toujours, Martine Aubry a été facilement réélue à Lille : une réélection attendue, qui lui ouvre les portes de la succession éventuelle de François Hollande à la tête du PS, une succession pour laquelle elle n’a pas caché son intérêt. Guerre donc entre Ségolène Royal, Martine Aubry, Delanoë, etc. En effet, chacun d’eux sait aujourd’hui que c’est la clé des prochaines présidentielles : on ne peut plus aujourd’hui gagner une grande élection sans le soutien d’un parti. Dans le cas du PS, on a vu en 2006/2007 que tout y restait à construire : à commencer par une unité, puis des méthodes, des protocoles, etc. On est encore très loin d’une machine de guerre performante. Mieux que le Modem, certes, mais encore loin derrière l’UMP.
Parmi les candidats pourvus d’ambition présidentielles, François Bayrou a perdu à Pau. De peu (400 voix), mais perdu quand même. Le pire est que les alliances ambiguës n’ont pas laissé une bonne image du Modem : selon un sondage publié sur FR3 le 16 mars, 60 % des Français la jugent « opportuniste ». Or, c’est bien la dernière chose dont François Bayrou, un des dernières figures de la politique française à véhiculer une image d’intégrité, avait besoin. Le pire étant que bon nombre de ses militants ont du mal à suivre : une bonne part ont rejoint ses rangs à partir de la gauche, certains étant même des « anti-sarkozystes primaires », et comprennent mal le jeu des alliances qui font qu’habitant ici ils ont du s’allier à l’UMP, alors que s’ils avaient vécu là, ils auraient pu faire une liste indépendante ou s’allier à des gens neutres ou de gauche en respectant leurs convictions.
Du côté des « Verts », la percée n’est pas vraiment là. Alors qu’en Suisse, les partis écologistes ont su tirer leur épingle du jeu et progresser face à la montée de l’extrême droite, en France je n’ai pas eu le sentiment d’un mouvement comparable. Certes, Dominique Voynet à gagné la mairie de Montreuil, certes, par endroits, on a vu des députés UMP se faire battre aux cantonales par un Vert (Grosperrin dans le Doubs, par exemple), mais on ne peut pas à mon sens parler d’un réel renforcement des mouvements écologistes. Comme le déplorait Dominique Voynet à propos des suites du Grenelle de l’environnement, l’écologie, on en parle mais cela ne se traduit pas dans les faits.
Finalement, que peut on dire de ces élections, et quelles leçons en tirer pour l’avenir ?
1. nier la montée de la gauche, ou la minimiser comme l’ont fait les commentateurs de l’UMP au soir du second tour me paraît mal venu. Parler d’un retour « normal » du balancier, « rééquilibrant » les choses après la vague bleue de 2001 n’a pas grand sens : les électeurs n’ont pas vocation à aller un coup à gauche puis un coup à droite comme des pendules. La seule chose qui les fait changer d’avis est leur mécontentement face à une situation jugée allant de mal en pis ;
2. tout le monde s’accorde à dire que l’attitude de Nicolas Sarkozy, en rupture à la fois avec ses promesses électorales et avec les attentes des Français a coûté des points à la droite. Beaucoup comme Gaudin à Marseille ont fait le choix de ne pas communiquer sur l’UMP, jugée un partenaire peu porteur, voire dangereux à trop afficher ;
3. Enfin, l’attitude du Président et du Gouvernement à sa suite est pour le moins curieuse : tantôt ces élections sont jugées locales, et ne véhiculant aucun message, tantôt on accepte d’y voire un message, mais en affirmant qu’on on n’en tiendra aucun compte, car les Français ne pourront juger de l’action du gouvernement qu’à la fin du quinquennat. Enfin, un sommet a été atteint le soir du 16 mars, quelqu’un dont je tairai le nom allant jusqu’à dire que ce vote à gauche était un encouragement donné au gouvernement à poursuivre les réformes, « en allant encore plus vite. » Avec Marie-Georges Buffet, j’aurais tendance à dire que « si les Français voulaient accélérer les réformes de Nicolas Sarkozy, ils ne voteraient pas massivement à gauche. »Même si je n’emploierai pas le terme « massivement » pour qualifier un mouvement qui relève quand même plus de la simple houle que du tsunami.
12 décembre 2007
Tout savoir sur les municipales de mars 2008 dans les communes de plus de 3500 habitants et dans celles de moins de 3500 hab.
Le "Mémento à l'usage des candidats aux élections municipales de mars 2008" du ministère de l'Intérieur est paru la semaine dernière dans sa toute dernière version. Réactualisé avec les derniers textes du code électoral, il offre 40 pages de textes et de conseils divers :
- les conditions à remplir pour se présenter et être éligible,
- comment effectuer sa déclaration de candidature,
- comben de conseillers doit comporter la liste en fonction de la population de la commune,
- la durée de la campagne électorale et les moyens de propagande autorisés durant celle-ci,
- comment se passent les opérations de vote,
- comment et dans quelles conditions obtenir le remboursement des frais de la campagne, etc.
Vous y trouverez également un modèle de déclaration de candidature.
Deux versions de ce document existent, selon que votre commune fait plus de 3500 habitants ou moins de 3500 habitants (le document est plus léger, 28 pages dans cette seconde version).
Vous pouvez les télécharger au format pdf par le biais du lien dans la colonne de droite de ce blog, ou y accéder directement en cliquant sur l'un des deux liens ci-dessous :
Mémento à l'usage des candidats aux municipales de 2008 dans les communes de plus de 3500 habitants :

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Mémento à l'usage des candidats aux municipales de 2008 dans les communes de moins de 3500 habitants :

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04 octobre 2007
Remboursement des dépenses de campagne et vœux
L'article L.52-11-1 (L. n°95-65 du 19 janvier 1995) indique :
"Les dépenses électorales des candidats aux élections auxquelles l'article L.52-4 est applicable font l'objet d'un remboursementforfaitaire de la part de l'Etat égal à 50 p. cent de leur plafond de dépenses. (Ord. n° 2003-1165 du 8 décembre 2003, art.5). "Ce remboursement ne peut excéder le montant des dépenses réglées sur l'apport personnel des candidats et retracées dans leur compte de campagne."
Le remboursement n'est pas versé aux candidats qui ont obtenu moins de 5 p. cent des suffrages exprimés au premier tour de scrutin ni à ceux qui ne se sont pas conformés aux prescriptions des articles L.52-11 et L. 52-12 ou dont le compte de campagne a été rejeté ou qui n'ont pas déposé leur déclaration de situation patrimoniale, s'ils sont astreints à cette situation.
Pour mémoire, le dernier alinéa de L.52.4 exclut de son champ d'application "l'élection des conseillers généraux dans les cantons de moins de 9.000 habitants, et l'élection des conseillers municipaux dns les communes de moins de 9.000 habitants, tandis que L.52-12 crée l'obligation pour les candidats soumis à L.52-11 de tenir un compte de campagne, et en fixe un certain nombre de modalités. Notons au passage que les dépenses inhérentes à la campagne dite "officielle", susceptibles d'être remboursées directement par les préfectures dans le cadre de la subrogation, ne doivent pas apparaître sur les comptes de campagne (ce qui est logique, car cela créerait un double remboursement).
Les dépenses considérées définies par L.52-4, à partir des 12 mois précédant le premier jour du mois de l'élection.
Imaginons maintenant le cas d'un homme politique se présentant à une élection au mois de mars. Début janvier, il est en pleine campagne électorale, et les vœux sont un exercice de communication incontournable. Peut-il (doit-il) les inclure dans son compte de campagne ?
La réponse est subtile :
- "Oui", si ces vœux font partie des manœuvres électorales.
- "Non", si ces vœux sont une habitude chez le candidat.
Ainsi, un "débutant" se verra contraint de réintégrer la totalité des frais engagés pour ces vœux dans son compte de campagne, alors qu'un "ancien", habitué à envoyer chaque année des vœux, n'y sera pas tenu. C'est par exemple le cas d'un élu, conseiller général ou municipal, qui envoie chaque année un mailing de vœux en début d'année. Cependant, la CCFP veille au grain, et peut contrôler le caractère habituel de ces dépenses. Ainsi, elle a réintégré par le passé une partie des frais d'une réception du jour de l'an, tombant en période électorale, au motif que les frais engagés représentaient cette année là plus du double des dépenses des années précédentes, et ce ces dépenses n'étaient pas étrangères à la proximité de l'échéance électorale. Elle a été suivie en cela par le Conseil constitutionnel (31 juillet 1991, AN Paris, 13e circ.).
Le mécanisme se retrouve dans d'autres cas, dans lesquels la CCFP s'interroge sur le caractère "habituel" ou non des dépenses des candidats, pour les éventuellement les réintégrer dans leurs comptes de campagne.
Attention donc, lors de l'affectation des vœux au compte de campagne, à estimer ce qui est de l'ordre du budget habituel (qui n'a pas a y figurer), et ce qui est de l'ordre de la communication de campagne.
23 juillet 2007
Combien coûte une campagne pour les élections municipales de mars 2008 ? L'exemple de Besançon.
Coût d’une campagne pour les municipales de 2008.
Beaucoup de gens se demandent aujourd’hui combien coûte une campagne électorale, et ce qu’ils auraient à débourser s’ils se présentaient.
Voici un exemple de coût, calculé dans le cadre d’une ville comme Besançon. Les candidats ne récupérant pas la TVA, tous les chiffres sont donnés en TTC.
A/ Ce qu’on appelle la « campagne officielle ». Elle comprend les documents prévus à l’article L. 167 Code élect. :
- bulletins de vote,
- affiches,
- circulaires (dites aussi « professions de foi ».
Les quantités sont précisées à l’art.R.39 :
Ainsi , pour 68.431 électeurs inscrits à Besançon (chiffres au 28/02/2007), on obtient :
- bulletins de vote : (deux fois le nombre des électeurs + 10 %) = 150.549 exemplaires,
- professions de foi : (nombre des électeurs + 5 %) = 71.853 exemplaires.
Concernant les affiches, elles sont de deux types :
o les grandes affiches 594 x 841 mm : 2 exemplaires par emplacement,
o les affiches dites « de réunion », format 297 x 420 mm : 2 exemplaires par emplacement.
Le nombre des emplacements d’affichage fournis par la commune n’a que peu d’importance, la quasi totalité des coûts d’impression des affiches étant des frais fixes. Par exemple, pour une affiche 594 x 841 quadri recto, on arrive à des coûts variables largement inférieurs à 10 € les cent.
Leur affichage est à la charge des candidats.
Les coûts de distribution des circulaires sont pris en charge par la mairie, et ne sont normalement pas refacturés aux candidats ayant fait moins de 5 %.
Dans la pratique, vous avez tout intérêt à tirer un bon nombre d’affiches : mieux vaut en avoir trop que pas assez, de manière à prévoir le « rafraîchissement » des panneaux tagués ou ayant subi des dégradations. Pensez que le retirage des quelques affiches qui vous manqueront vous coûtera plusieurs centaines d’euros ; contre quelques euros si vous aviez dès le départ prévu les marges nécessaires en termes de quantité.
A la louche, on pourrait dire que les coûts de ces différents postes sont :
- bulletins de vote : 1.300 €
- professions de foi : 1.800 €
- affiches : 500 €
- affiches de réunion : 270 €
Total : 3.870 €
NB : concernant les frais d’affichage, ils sont généralement mal remboursés. Le barème de remboursement des législatives de juin était de l’ordre de 20 % du coût réel d’un prestataire ! Dans le cadre d’une campagne municipale, c’est moins gênant : les panneaux étant concentrés sur une commune unique, l’affichage peut être facilement réalisé par des militants. C’est la raison pour laquelle aucun frais d’affichage n’est compté ici.
Si le candidat obtient le minimum de 5 % des voix au premier tour, ces sommes sont prises en charge par l’Etat (mécanisme de la subrogation), et payées directement par lui à l’imprimeur de votre choix, dans la limite d’un barème établi souvent très tardivement (en mai 2007 pour les législatives de juin !). Le barème étant généreux, il n’y a normalement pas de difficulté à ce niveau.
L’intérêt de la subrogation est que le candidat n’a pas à faire l’avance des sommes, sachant que le remboursement des factures figurant au compte de campagne met de nombreux mois à intervenir.
B/ La suite des opérations de communication est au choix du candidat : c’est une question de stratégie. La liberté n’est cependant pas absolue, mais encadrée sur le plan financier par l’art. L.52-11 qui fixe les plafonds de campagne à ne pas dépasser (vous trouverez sur ce blog dans la section « municipales 2008 » la façon de calculer ces plafonds). Pour Besançon, le plafond, sur la base de 115.400 habitants (chiffres 2005) est de 126.205,72 € pour le premier tour. Si la liste est présente au second tour des élections, le plafond de campagne passe à 167.446,72 €.
Les candidats atteignant 5 % des voix au premier tour bénéficient, en plus des sommes subrogées vues ci-dessus, du remboursement d’un montant forfaitaire de la part de l’Etat. Ce montant est égal à 50 % de celui de leurs dépenses réglées sur leurs fonds personnels retracées dans leur compte de campagne. Sur Besançon, on arrive ainsi à 126.205,72 / 2 = 63.102,86 € pour une liste présente au premier tour, et 167.446,72 / 2 = 83.723,36 € pour une liste présente au second tour.
Pour un candidat dénué de fortune personnelle ou ne souhaitant pas investir dans une campagne, ces plafonds de remboursement marquent la frontière à ne pas dépasser : au-delà, le financement est à la charge du candidat. Encore faut-il, et c’est le hic, avoir la certitude avant de partir de passer le seuil fatidique des 5 %.
Il n’est pas possible ici de détailler ce que devrait être le plan de communication type du candidat. Sachez seulement que, sur des publics peu impliqués, les parts de marché des produits de grande consommation sont directement liés à la « share of voice », ce que représente votre investissement en communication face à celui de votre concurrent. Ca a été longtemps le modèle des élections américaines. En France, l’implication un peu plus forte des électeurs laisse davantage de place à une approche qualitative : plus le public est impliqué, plus il est demandeur d’information, et plus la qualité de celle-ci aura d’impact sur l’acte d’achat.
Tout dépend donc de la cible, et de la stratégie : la communication du sortant ne sera pas la même que celle de son challenger, elle-même différente de celle d’un outsider peu connu.
Je peux néanmoins vous donner quelques ordres de prix :
— édition d’un document de mailing de 4 pages, format fermé A4, quadri recto-verso : environ 3.600 € pour un peu plus de 64.000 exemplaires.
— édition d’un document de mailing de 4 pages, format fermé A4, quadri recto-verso : environ 7.500 € pour un peu plus de 64.000 exemplaires.
— routage du document A4 en distribution toute boîte (attention, la distribution « toute boîte » ne touche pas les boîtes aux lettres refusant la pub, celles à l’écart dans une allée, ni celles demandant un passe pour y accéder. Les mauvaises surprises sont nombreuses, mais difficiles à éviter. A ce jour, pour un document de moins de 20 grammes de ce type, on est à 3.666,59 € pour 61.848 exemplaires diffusés sur Besançon.
— un document de 8 pages A4, pesant moins de 30 g, aurait un coût de distribution de 3.258,38 €. Attention, ces tarifs vont évoluer : d’une part, le tarif Mediapost 2008 n’est pas encore connu ; d’autre part, des accords cadres basés sur des volumes, du type de celui dont ont bénéficié les adhérents de l’UDF cette année, sont susceptibles d’être négociés dans les mois qui viennent, et de faire ainsi baisser les coûts de distribution. Cela étant, le mieux – mais ce n’est pas toujours réalisable – est que les candidats possèdent leurs propres équipes de tractage. On obtient ainsi une distribution plus complète, et de meilleure qualité. Par dessus tout, on y gagne en réactivité : 1 personne équipée de passes et connaissant son secteur distribue environ 1.000 boîtes aux lettres en 2 h 30 à 3 h (comptez nettement plus si, en l’absence de passe, il faut sonner à toutes les sonnettes pour se faire ouvrir l’accès à l’immeuble. Sans compter la démotivation !). En gros, une équipe d’une trentaine de tracteurs aguerris couvre facilement une ville comme Besançon en deux jours, contre un délai moyen de 8 à 15 jours pour un distributeur professionnel. Le problème des équipes de tractage est la disponibilité : pour une trentaine de tracteurs sur le terrain à une date donnée, il en faut beaucoup plus en réserve. Enfin, dernier avantage mais non le moindre : les sommes économisés, non négligeables, peuvent être réinvesties sur d’autres postes : plus de documents, des documents de meilleure qualité, des meetings, des réunions de quartier, etc.
— cartes de visite 210 x100 mm, utilisées lors des « tirages de sonnettes » : 300 €.
— Les coûts de prise de vue de votre photo officielle, qui peuvent représenter une centaine d’euros,
— Les coûts de retouche photo (changer la couleur du col de votre chemise, par exemple) : 100 €, etc.
A tout cela il convient de rajouter les frais de logistique : location de la permanence de campagne, frais de téléphone, fixe et portable — l’idéal est une ligne dédiée —, d’électricité, de restauration, d’essence et de transports, de meeting, etc. Rajoutez 5 à une « marge de manœuvre » comprise entre 5 et 10 % de la totalité des postes pour être tranquille.
Plus les coûts d’un conseil en communication, qui se chargera également des maquettes (non comprises dans les tarifs d’impression indiqués ci-dessus, qui s’entendent fichiers fournis à l’imprimeur). Comptez environ 4.000 € à 8.000 € pour une ville comme Besançon, selon l’étendue des prestations qu’assurera votre conseil.
Vous trouverez sur ce blog la liste des prestations que j’assure : cette liste peut vous aider en vous donnant une idée de ce que vous pouvez négocier avec votre conseil. Deux recommandations : un conseil en stratégie et en communication est quelqu’un qui doit devenir capable à la fois de penser comme vous (votre communication doit être votre reflet, sinon, un jour ou l’autre vous vous trahirez et vos électeurs se sentiront trahis) ; et aussi de conserver son recul, son indépendance et ce qui fait l’acuité de son jugement. Il faut qu’il soit réactif, capable de vous répondre à 22 h le soir et de valider un communiqué dans la nuit, voire de vous créer en quelques heures un document de communication. C’est donc quelqu’un avec qui le courant doit passer très vite. Il y a une question de feeling dans cela. Une fois que vous vous serez engagé, vous ne pourrez plus vous dédire. Pensez-y bien au début de votre relation. C’est un poste très important dans votre campagne. Ensuite, votre conseil s’apprête à passer un bon nombre de nuits blanches sur vos dossiers. Restez dans les limites du raisonnable et de ce que permet votre compte de campagne, mais ne l’étranglez pas financièrement. D’une part sa motivation pourrait en souffrir – et la qualité de votre campagne avec – d’autre part il pourrait être tenté pour retrouver ses marges de diminuer le temps passé sur votre dossier. Avec le même résultat sur votre campagne.
En gros, on va dire qu’un budget correspondant au plafond de remboursement vous offre de quoi :
- distribuer entre 5 et 10 beaux documents en quadrichromie sur une ville comme Besançon, selon que vous ayez ou non l’équipe de tractage nécessaire,
- réaliser au moins un grand meeting et autant de réunions de quartier que nécessaire,
- avoir une belle permanence de campagne,
- communiquer de façon professionnelle avec les médias,
- réaliser plusieurs milliers de photocopies ciblant des problèmes précis sur des quartiers donnés,
- créer bien sûr les affiches, bulletins de vote et professions de foi de la campagne « officielle ».
11 juillet 2007
Elections municipales de mars 2008 — plafonnement des dépenses électorales — exemple du Jura
L'article L. 52-11 du Code électoral fixe les plafonds des dépenses de campagne pour les candidats aux élections municipales en fonction du nombre d'habitants de la circonscription :
Si la liste est présente au premier tour :
— jusqu'à 15.000 habitants : 1,22 € par habitant ;
— de 15.001 à 30.000 habitants : 1,07 € par habitant ;
— de 30.001 à 60.000 habitants : 0,91 € par habitant ;
— de 60.001 à 100.000 habitants : 0,84 € par habitant ;
— de 100.001 à 150.000 habitants : 0,76 € par habitant ;
— de 150.001 à 250.000 habitants : 0,69 € par habitant ;
— au-delà de 250.000 habitants : 0,53 € par habitant.
Si la liste est présente au second tour :
— jusqu'à 15.000 habitants : 1,68 € par habitant ;
— de 15.001 à 30.000 habitants : 1,52 € par habitant ;
— de 30.001 à 60.000 habitants : 1,22 € par habitant ;
— de 60.001 à 100.000 habitants : 1,14 € par habitant ;
— de 100.001 à 150.000 habitants : 1,07 € par habitant ;
— de 150.001 à 250.000 habitants : 0,84 € par habitant ;
— au-delà de 250.000 habitants : 0,76 € par habitant.
Cette base doit être réévaluée de 18 % (décret n° 2007-140 du 1 février 2007) si l’art. L.52-11 relatif au remboursement des dépenses électorales s’applique, c’est-à-dire dans le cas d’élections soumises à l’art. L.52-4 (circonscriptions d’au moins 9.000 habitants). Pour mémoire, ce coefficient était précédemment fixé par le décret 2004-140 du 12 février 2004 à 13 %. Il est réévalué tous les trois ans.
Voici, à titre d’exemple, ce que donneront les plafonds de campagne pour quatre villes du Jura :
Lons-le-Saunier : 18.483 habitants (1999) : plafond de campagne premier tour : 25.991,63 €
(15.000 x 1,22 x 1,18) + (3.483 x 1,07 x 1,18) = 25.991,63) ;
plafond de campagne second tour :
(15.000 x 1,68 x 1,18) + (3.483 x 1,52 x 1,18) = 35.983,11) ;
Dole : 24.949 habitants (1999) : plafond de campagne premier tour : 34.155,60 €
Second tour : 47.580,52 €
Saint-Claude 12.798 habitants (1999) : plafond de campagne premier tour : 18.424,00 €
Second tour : 25.370,75 €
Champagnole : 8.609 habitants (1999) : l'article L. 52-11 ne s’applique pas (commune de moins de 9.000 habitants).
Ces plafonds de campagne ont été calculés sur la base du recensement de 1999. Dans la pratique, l’accroissement de la population dans de nombreuses circonscriptions contribuera à rehausser les plafonds des dépenses électorales des candidats. Ce sont les préfectures qui sont habilitées à fournir les chiffres définitifs. En attendant qu'elles les calculent, les sommes indiquées ci-dessus représentent une base de travail pour les candidats.
NB : ces plafonds de campagne avaient déjà été publiés voici quelques semaines. Ils comportaient des erreurs, rectifiées aujourd'hui grâce à notre lecteur jm.S., qui a bien voulu attirer notre attention. Qu’il en soit chaleureusement remercié.
22 juin 2007
Municipales 2008 : un été... stratégique
On a pu craindre à plusieurs reprises, au cours des derniers mois, que les prochaines élections municipales soient avancées à l'automne 2007. Ce qui aurait été une autre façon de surfer sur la vague des présidentielles. Les scores — moins bons que prévu — de la majorité présidentielle au second tour des législatives éloignent cette possibilité. Un communiqué de Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier, député du Jura et président de l'Association des maires de France, a récemment confirmé le maintien au premier trimestre 2008 des municipales.
Le spectre des campagnes faites "à la va-vite" s'éloigne donc.
Cependant, dans la perspective d'élections en mars prochain, les futurs candidats doivent prendre en compte dès aujourd'hui la dimension « temps » de leur campagne.
En effet, il leur faut boucler de toute urgence un planning comportant les tâches suivantes :
– réunir leur liste, en respectant autant que faire se peut une règle de parité devenue sacro-sainte,
– trouver leurs sources complémentaires de financement (en l’occurrence, des personnes physiques offrant un don),
– estimer le montant qui leur sera remboursé s’ils atteignent ou dépassent la barre des 5 % (je peux les aider à faire ce calcul),
– prévoir une ébauche de plan de communication chiffré et donc obtenir rapidement des devis
– établir un budget de campagne
– trouver leur permanence de campagne
– prévoir l’organisation de celle-ci,
– recruter leurs équipes de tractage
– organiser leur encadrement (directeur de campagne, responsable d’équipes, etc.)
– trouver un mandataire financier ou éventuellement un président de l’association pour le financement de leur campagne
– etc.
Juillet paraît la bonne période pour effectuer cette démarche de planification. Le plan de communication en particulier devrait être particulièrement détaillé, de manière à permettre durant l’été le commencement d’une recherche iconographique. Trop souvent cette recherche est laissée de côté. On se retrouve alors en face de photos qui se contentent de montrer, là où on aurait besoin qu’elles fassent sens et soient porteuses de message. Et bien sûr, il n’est jamais possible au dernier moment de trouver « la » bonne photo.
Cependant, cette phase de planification ne peut en aucun cas être la première.
Le philosophe stoïcien Sénèque disait : « le vent ne souffle jamais pour celui qui ne sait pas où il va ». La première tâche est de répondre à ces deux questions : quels but poursuivons-nous ? Quels objectifs ? Avons-nous déjà les grandes lignes de la campagne ? Cette phase correspond à ce qu’on appelle classiquement la « haute stratégie ». Elle doit être l’apanage du candidat aidé de son haut Etat-major, quelques personnes très haut placées dans la hiérarchie. Ce qu’on peut appeler « le premier cercle ».
Août devrait être un mois consacré à la réflexion stratégique : Quels thèmes aborder, comment les présenter, dans quel ordre ? Faut-il axer la communication plutôt sur de la notoriété ou plutôt sur de l’image ? Qui sont nos adversaires ? Quel positionnement choisir ? Quelle attitude adoptera-t-on en face des adversaires ? Sur quels thèmes vont-ils s’appuyer ? de quelle marge de manœuvre disposeront-ils ? Quel style de stratégie adopterons-nous : attaque frontale, manœuvres latérales, contournement, guérilla ? Quelles sont nos propres marges de manœuvre ? Face aux différentes actions possibles chez les adversaires, quelles seront nos ripostes ? En termes de systémique, quelles sont les contraintes internes de notre système ? Quelles sont ses contraintes externes ? Quels sont nos moyens (financiers, humains, matériels) ? Quel style, quel ton veut-on donner à la campagne de communication ? Quel logo choisirons-nous ? Notre personnel est-il suffisamment formé ? Informé ? Quels sont les relais d’opinion sur lesquels nous pouvons compter ? Disposons-nous d’appuis dans les médias ?
Quelles sont nos forces ? Comment pouvons nous les exploiter ? Quelles sont celles de nos adversaires ? Comment pouvons-nous les transformer en faiblesses ? Quelles sont nos propres faiblesses ? Pouvons-nous y remédier ? Cela en vaut-il la peine ? Cette phase de stratégie réunit tout l’Etat-major, distribue les rôles, explicite à chacun sa mission et sa place dans l’organigramme, donne à chacun l’étendue de sa délégation, précise les moyens de contrôle (pas de délégation sans contrôle), etc. C’est une phase cruciale. Si le candidat décide de partir en vacances en août, c’est à ses risques et périls… En effet, les séances de travail et les brainstormings indispensables de cette phase ont un double intérêt : préparer le travail de septembre, et surtout motiver l’encadrement. Et on motive les gens en les faisant travailler.
Septembre devrait être consacré à de la « haute tactique » : de la mise ne place, de la préparation. C’est en septembre qu’il faut former les troupes et leur encadrement, en particulier à la communication interpersonnelle, au management d’équipes, à la prise de parole en public, et aux relations avec les médias. C’est en septembre aussi qu’il faudra définir la charte de communication, créer le logo du candidat, le tester en terme d’image. C’est début septembre aussi qu’il faudra réaliser la photo officielle de la campagne, la « photo de famille » et la « photo d’équipe ». Puis faire les retouches nécessaires, et tester les images qui se dégagent de ces différents visuels. Si ce travail d’étude n’est pas fait en septembre, il sera souvent trop tard par la suite pour l’effectuer. Il faudra alors s’en remettre à « l’œil de l’expert » (moi en l’occurrence, c’est ce qui arrive la plupart du temps), avec, malgré mon expérience, l’introduction d’une inévitable marge d’erreur. En septembre, il faudra aussi vérifier par un rapide sondage la position et l’image du candidat dans la population, et rectifier en conséquence le plan de communication qu’on aura fait évoluer durant tout l’été. Ce « plan de com » devrait devenir en septembre un tout cohérent et relativement stable, doté de suffisamment de marges de manœuvre pour pouvoir faire face aux impondérables (l’aléa). Enfin, septembre sera le mois où seront définis l’axe et le concept du plan de com, et où cet axe et ce concept seront déroulés dans un « manifeste de base », première déclinaison du plan de communication. Fin septembre, une première maquette devrait avoir été l’objet d’une étude qualitative. Etude forcément biaisée pour des raisons de confidentialité, mais étude quand même, dont le but est de « nettoyer » la communication de tout ce qui peut être perçu comme négatif par le récipiendaire du message, et de vérifier que le message reçu est conforme aux souhaits du candidat. Etc. Car il reste encore beaucoup d’autres choses à faire, et d'autres à tester. Septembre est le premier mois où on commence véritablement à vivre au rythme de la campagne.
Octobre est à mon sens le dernier délai pour se présenter devant les électeurs. Pas forcément présenter sa liste (il vaut mieux attendre), mais se présenter en tant que candidat. Un premier tract doit présenter le candidat en tant qu’homme, et donner son projet, sa vision du futur pour sa ville.
Ce premier document, issu des démarches de septembre, ne doit surtout pas avoir été bâclé : il constitue le premier contact du candidat en tant que tel avec ses électeurs. C’est l’équivalent de la prise de contact du vendeur avec son prospect : tous les commerciaux vous diront que c’est dans les premiers instants que tout se joue.
Pour le reste, fin d'octobre, novembre, décembre, janvier, février, … nous verrons cela ensemble si vous le souhaitez.
Philippe Bensimon


