Le blog de Philippe Bensimon

Blog de Philippe Bensimon, conseil et professeur en stratégie et en communication, spécialisé depuis 2000 en marketing politique.

21 juin 2008

TIPP, croissance en 2008, inflation, marché de l'immobilier...

Quelques chiffres en vrac sur l'économie française :
1. La TIPP a rapporté à l'Etat français 17 milliards d'euros en 2007. En gros, cela représente un impôt de 270 € par personne, un peu plus bien sûr pour les ruraux qui ne peuvent pas se passer de leur véhicule et pour tous ceux dont le travail est éloigné de leur domicile. Rapporté à un ménage moyen, cela représente un peu plus de 593 euros par an. C'est un impôt énorme pour quelqu'un qui touche le smic.

2. Ca fait longtemps qu'on le sait, l'Etat est un incorrigible optimiste, qui établit des budgets sur des prévisions de recettes farfelues, liées à une croissance irréaliste. Comme chaque année, le couperet de l'Insee vient de tomber : la croissance en France pour 2008 sera de 1,6 %, avec une inflation de 3,2 %.

3. Le marché de l'immobilier est un bon indicateur. En France, ce marché ralentit, quelques mois après celui des USA. Notamment, les commandes de logements neufs sont en chute libre, de 20 à 30 % selon les secteurs. Dans une ville comme Toulouse, de nombreuses agences ont mis la clé sous la porte cette année. Les taux d'intérêt vont augmenter – sans doute autour de 5 % pour un prêt sur 20 ans. Cependant, on n'assiste pas à une baisse globale des prix du marché. Dans certains secteurs (Ile-de-France par exemple) la hausse se poursuit, mais sur un rythme qui n'a rien à voir avec celui des années précédentes. Les biens de bonne qualité se vendent toujours. Simplement, les délais de vente des biens immobiliers s'allongent : compter aujourd'hui de 6 à 9 mois.

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08 juin 2008

Marketing politique : le logement devient un thème incontournable

Un sixième village de chalets destinés aux sans-abri vient d’être créé cette semaine. Ces villages font suite au mouvement initié par les Enfants de Don Quichotte. Le logement est en train de devenir un problème clé de notre société, en lien avec le pouvoir d’achat et la fracture sociale. Aujourd’hui, un salaire ne suffit plus à se loger dans certaines régions (Haute-Savoie, Côte-d'Azur, grandes villes, etc.). En Ile-de-France, 30 % des SDF auraient un emploi.

Lors des élections municipales de mars 2008, le logement était déjà la préoccupation majeure des électeurs des grandes villes. Dans les années qui viennent, ce thème va devenir incontournable.

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29 mai 2008

Le moral des ménages en baisse pour la onzième fois consécutive — Les revenus des grands patrons en hausse de 58 %

Pour la onzième fois consécutive, l’indice qui mesure le moral des Français est en baisse. La confiance des ménages recule à grande vitesse, ce qui ne sera pas sans conséquence sur la consommation. Une baisse liée à la baisse du pouvoir d’achat, et à la disparition de la confiance des Français dans les instances en place pour améliorer leur situation. Tant qu’un gouvernement n’aura pas décidé de s’attaquer sérieusement à la réduction de la fracture sociale au lieu de l'amplifier, rien ne pourra être fait dans ce pays. Une enquête publiée aujourd’hui dans l’Expansion sur le salaire des cadres montre que la rémunération des patrons du CAC 40 a augmenté cette année en moyenne de 58 % : +5 % de hausse salariale (largement plus que l’inflation), le reste du pactole provenant des stock options. Comment, dans ces conditions, expliquer à un patron de PME dont le moral est en berne parce que le coût des carburants le mène à la faillite qu’il est normal que d’autres gagnent en un an plusieurs siècles de salaire de leurs employés ? Comment expliquer à ceux qui ont déjà du mal à survivre que Pierre Verluca, le patron du leader mondial des tubes en acier Vallourec, ait touché 18,12 million d’euros l’an passé ?

Les inégalités sociales ne sont pas nécessairement une mauvaise chose : elles sont le moteur de l’ambition, de l’action, du désir d’entreprendre. Mais à la condition de rester dans le domaine du raisonnable.

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23 mai 2008

Carburants : bulle spéculative et clé de voûte de notre société — Les escargots de retour à la fin du printemps

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S’il est exact que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables, aujourd’hui on n’en manque pas, et les stocks ne sont pas menacés. Pour Marc Touati, directeur général délégué de Global Equities, la hausse du prix du pétrole est une bulle spéculative qui pèse de 1,2 % sur la croissance mondiale. Cette bulle est alimentée par les investisseurs qui ne veulent plus rentrer sur le marché des actions, et préfèrent investir sur les marchés des matières premières… dont le pétrole. Selon ses termes, si cette bulle spéculative ne se dégonfle pas bientôt, « on va dans le mur ». De son côté, le patron de l’Opep, cité par France Info, reconnaît qu’avec un baril à 135 $ (cours qui vient d’être atteint), « le marché est devenu complètement fou. »

A l’autre bout de la chaîne, on trouve des consommateurs de produits raffinés, dont les routiers. Le prix des carburants étant une des clés de voûte de notre société, j’ai entamé début avril une série d’articles sur le sujet. J’avais écrit le 17 mai sur ce blog qu’une promesse faite par le gouvernement aux marins-pêcheurs serait aussitôt suivie d’actions des routiers. C’est chose faite.
Gilles Seurre, le vice-président de l’Unostra, le syndicat des routiers, vient de monter au créneau. Estimant que depuis le début de l’année la hausse des carburants a causé la faillite de 500 entreprises de son secteur et la perte de 5000 à 7000 emplois, il demande la création d’urgence d’une cellule de crise incluant des membres du gouvernement français et des instances bruxelloises, avec notamment pour idée de remettre à plat la politique des taxes sur le carburant pratiquée par la France. Gilles Sœur estime que la France est le pays d’Europe où le carburant est le plus taxé, et que cela met a mal les entreprises de son secteur dès lors qu’elles se trouvent en concurrence avec des routiers étrangers. Il souhaite que des négociations soient entamées le plus vite possible, en tout cas avant la date du 2 juin, où il envisage de débuter des opérations « escargot » à travers le pays.


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20 mai 2008

35 heures : désaccords au sein de la majorité

200px_Patrick_Devedjian_2007_06_06_n1Désaccords au sein de la majorité

Les 35 heures fêtent aujourd’hui leurs 10 ans. A l’occasion de ce 10e et peut-être dernier anniversaire, le secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian a déclaré que le temps était venu de les démanteler. De son côté, Jean-Pierre Raffarin, vice-président du même parti, a affirmé souhaiter qu’on n’y touche pas. Quand à Xavier Bertrand, ministre du Travail, il a déclaré vouloir les maintenir sur la base du volontariat, en facilitant le rachat des RTT, car, pour lui, les 35 h sont « le déclancheur des heures supplémentaires. » Une position soutenue par Nicolas Sarkozy, qui commentait : « Référez-vous à ce qu'a dit Xavier Bertrand. Comme toujours, il a bien parlé. »

Au bout de dix ans, on se rend compte que le nombre des emplois créés n’a pas été à la hauteur des espérances affichées par le PS, et que l’œuvre de Martine Aubry a surtout profité aux cadres. Dans certains secteurs, les salariés ont même été pénalisés par les 35 heures en terme de pouvoir d’achat : les patrons, fortement pénalisés par des taxes très fortes sur les heures supplémentaires qui constituaient un complément de revenus non négligeable pour leurs salariés, ayant été incités à supprimer celles-ci.
En fait, et peut-être cela n’a-t-il pas été suffisamment dit, les 35 heures, sous couvert social, avaient un objectif qui était avant tout d’améliorer la productivité dans les entreprises françaises. Celles-ci avaient il y a dix ans un retard considérable à rattraper dans ce domaine sur leurs concurrentes étrangères. Les 35 heures ont obligé les entreprises françaises à remettre à plat leurs process pour faire en 35 h ce qu’elles faisaient jusque-là en 39 h ; en ce sens, l’objectif a été atteint. Cela dit, des secteurs entiers ont été gravement touchés : l’hôpital, par exemple, ne s’en est toujours pas remis.

On se rend compte aujourd'hui que le problème a été déplacé. Alors que le véritable problème à l'époque était de permettre aux entreprises de découvrir comment produire plus dans le même temps, on les a incitées à produire autant, mais plus rapidement. L'effet pervers des 35 heures est qu'aujourd'hui la France est l'un des pays où le temps de travail légal est le plus faible — attention, il ne s'agit pas du temps de travail effectif — et que tout le monde (entreprises et salariés) s'y est habitué. Revenir en arrière pour travailler plus sans gagner plus ne sera pas chose facile. (crédit photo de P. Devedjian : Marie-Lan Nguyen/Wikipedia Commons).

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05 mai 2008

Marketing politique — Thème de campagne : honnêteté et mandat électoral — Fillon dresse son bilan — la dictature démocratique.

400px_Fillon_181207Marketing politique — Fillon dresse son bilan — Thème de campagne : honnêteté et mandat électoral — La dictature démocratique.

Après un an de gouvernement, François Charles Armand Fillon a dressé ce matin son bilan au micro de France Info (crédit photo : Benjamin Lemaire). Rien de neuf : le style est toujours lisse et policé, et le fond toujours ferme : quelle que soit la qualité de la voie dans laquelle il s’est engagé, le gouvernement ira jusqu’au bout, y compris contre la volonté des Français. C’est une option qui réduit la démocratie à l’instant unique du vote, le reste du temps étant une dictature plus ou moins éclairée. On ne peut même pas parler de véritable représentation, le mandat électoral ayant ceci de spécifique qu’il n’est pas obligatoire. Un agent immobilier ou un mandataire automobile sont plus représentatifs qu’un député ou un président : au moins, les premiers sont tenus d’accomplir la tâche pour laquelle ils ont été mandatés et à laquelle ils se sont engagés ; et l’absence de respect de leurs engagements les met sous le coup de poursuites civiles. Les couches les plus défavorisées qui ont voté pour le candidat Sarkozy et son représentant François Fillon se retrouvent aujourd’hui en difficulté du fait du non-respect des promesses électorales du président. Même si ces électeurs jurent qu’on le les y reprendra plus, ils n’ont plus aujourd’hui que les yeux pour pleurer. Après la monarchie républicaine (titre d’un ouvrage du constitutionaliste Maurice Duverger paru en 1974), voici la dictature démocratique.
Il serait temps qu’un homme politique honnête — si, ça existe — demande une réforme du mandat électoral, avec une responsabilisation civile et pénale de l’élu face au non-respect de ses engagements. Je suis certain qu’à force d’être floués par les gens auxquels ils ont fait confiance, les électeurs préfèreraient voter pour un individu moins proche de leur sensibilité politique mais forcé à l’honnêteté, plutôt que pour un beau parleur sur lequel ils ont appris à leurs dépens ne pas pouvoir compter. Cela dit, je suis moins sûr que ses collègues accepteraient de voter un tel texte… La plupart se retrouveraient ruinés et/ou en prison.
En tout cas, voici bien longtemps qu’un président honnête n’a pas été élu à la tête de la cinquième République. Parmi les derniers en date :
- François Mitterrand : promet qu’il gouvernera dans le sens des Français. Quelques semaines après son élection il supprime la peine de mort, contre la volonté de plus de deux tiers des Français (une bonne chose à mon sens, mais qui reste une trahison de ses promesses électorales) ;
- Jacques Chirac : candidat à sa réélection, promet une baisse des impôts de 35 % (pourquoi pas la Lune… Hitler avait déjà dit dans Mein Kampf : plus le mensonge est gros, et plus le peuple y croit). Est réélu ;
- Nicolas Sarkozy : candidat à la succession du précédent, promet une hausse du pouvoir d’achat. Est élu. Ce brave homme, qui connaissait sans doute mal les finances de l’Etat, découvre avec un petit sourire six mois après son arrivée au pouvoir que les caisses de l’Etat sont vides et que les pouvoirs d’un président sur les chefs d’entreprise sont limités. Bref, qu’il n’aura pas les moyens de tenir ses promesses. Etonnant, non ?

Un vieil adage juridique, faisant référence aux promesses et qualité des futurs époux, dit : « en matière de mariage, trompe qui peut ». L’union des électeurs et des élus semble pour le moment suivre le même régime.


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30 avril 2008

Le moral des Français au plus bas depuis 1987

Le moral des ménages français est aujourd'hui au plus bas. Côté à –37, son indice perd encore un point par rapport aux chiffres du mois de mars. Il a même atteint son plus bas niveau depuis la création de l'indice en 1987. L'une des principales causes de la baisse du moral des ménages français réside dans l'inflation, qui mine le pouvoir d'achat des plus défavorisés. Cette inflation est notamment visible dans l'alimentation, les dépenses de santé (une hausse en grande partie fabriquée par les déremboursements et les franchises instaurées sur les boîtes de médicament, sur les actes médicaux et sur les transports sanitaires), et bien sûr dans le prix des carburants à la pompe (cf. article ci-dessous).

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22 avril 2008

Marketing politique — Thèmes de campagne — Pouvoir d'achat — Croix-Rouge

Thèmes de campagne.

Pouvoir d’achat.
La Croix-Rouge française a servi l’an passé six millions de repas aux Français nécessiteux. Le président de la Croix-Rouge française, Jean-François Mattei, craint que la hausse du coût de l’alimentation ne permette pas à la Croix-Rouge de faire face cette année à la demande. Ce professeur de pédiatrie, spécialiste de génétique médicale, membre du Comité consultatif national d’éthique et spécialiste des questions médicales à l’Assemblée nationale demande aux pouvoirs publics de créer un « droit à l’alimentation opposable ».


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20 avril 2008

Le gala de la promotion 2008 de 3A : rêves, humanisme et environnement.

Logo_3A Le gala de la promotion 2008 de 3A : rêves, humanisme et environnement.

Le gala de la promotion 2008 de 3A-Lyon a été l’occasion d’une superbe soirée le vendredi 4 avril à l’Espace Ecully. Spectacle, intervention d’un membre d’Interpol qui parraine la promotion 2008, buffet soigné, etc. Le moment fort de cette soirée, qui justifie qu’on en parle sur ce blog, est venu de M. Gallois. qui préside aux destinées de cette Ecole Internationale de Commerce et de Développement pas comme les autres. P1010012M. Gallois, qui par ailleurs est également consul du Mexique, a demandé aux étudiants de ne pas abandonner leurs rêves (« même si vous ne les réaliserez pas tous »), et de réaliser leurs missions dans le respect des hommes et de l’environnement. Une manière de rappeler la forte dimension éthique de 3A. Photo : M. Gallois félicite les étudiants de la cinquième année "BRICA, G8 and Good governance".


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18 avril 2008

OGM — Débat escamoté, colère de l'opposition

« Un débat escamoté, un seul amendement et c’est plié : le Sénat a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi sur les OGM en à peine trois heures. Furibarde, l’opposition a quitté l’hémicycle, constatant qu’aucun de ses amendements ne serait retenu par le rapporteur UMP Jean Bizet, ni par le gouvernement. «Nous ne continuerons pas à participer à un débat fantoche», s’est indigné le socialiste Jean-Marc Pastor. Quant aux Verts, ils demandent «une commission d’enquête chargée d’évaluer la nature des relations entre les entreprises semencières et les parlementaires. » Cet extrait du site du journal Libération, sous la plume de Guillaume Launay, donne une idée de l’ambiance dans laquelle les sénateurs ont voté avant-hier soir la loi OGM, dont une journaliste de France-Info s’étonnait qu’elle ne comporte « pas grand-chose concernant le principe de précaution. ». Le sénateur UMP du Bas-Rhin Fabienne Keller notait qu’il ne restait pas grand-chose non plus de ses propositions d’amendement : « Si on transforme la nature, on ne pourra pas revenir en arrière. » Tout au plus le seuil communautaire de 0,9 % prévu pour la mention obligatoire « avec OGM » sur les étiquettes sera-t-il peut-être revu un jour. » En dehors des problèmes éventuels de toxicité pour l’homme et l’environnement se pose toujours le problème de la dissémination des pollens. Tant que les OGM seront cultivés en champs, ouverts, les abeilles et les coups de vent contribueront à polliniser tout l’environnement.

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