« Un débat escamoté, un seul amendement et c’est plié : le Sénat a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi sur les OGM en à peine trois heures. Furibarde, l’opposition a quitté l’hémicycle, constatant qu’aucun de ses amendements ne serait retenu par le rapporteur UMP Jean Bizet, ni par le gouvernement. «Nous ne continuerons pas à participer à un débat fantoche», s’est indigné le socialiste Jean-Marc Pastor. Quant aux Verts, ils demandent «une commission d’enquête chargée d’évaluer la nature des relations entre les entreprises semencières et les parlementaires. » Cet extrait du site du journal Libération, sous la plume de Guillaume Launay, donne une idée de l’ambiance dans laquelle les sénateurs ont voté avant-hier soir la loi OGM, dont une journaliste de France-Info s’étonnait qu’elle ne comporte « pas grand-chose concernant le principe de précaution. ». Le sénateur UMP du Bas-Rhin Fabienne Keller notait qu’il ne restait pas grand-chose non plus de ses propositions d’amendement : « Si on transforme la nature, on ne pourra pas revenir en arrière. » Tout au plus le seuil communautaire de 0,9 % prévu pour la mention obligatoire « avec OGM » sur les étiquettes sera-t-il peut-être revu un jour. » En dehors des problèmes éventuels de toxicité pour l’homme et l’environnement se pose toujours le problème de la dissémination des pollens. Tant que les OGM seront cultivés en champs, ouverts, les abeilles et les coups de vent contribueront à polliniser tout l’environnement.