D'origine médicale, la notion de crise doit être distinguée de celles d'urgence, de catastrophe, et de risque majeur, qui toutes ont leurs spécificités.
La crise est "un bouleversement, une épreuve, une rupture, une opportunité" (Ogrizek et Guillery, 1997).
P. Laguadec en propose la définition suivante : "Crise : une situation où de multiples oirganisations, aux prises avec des problèmes critiques, soumises à de fortes pressions externes, d'âpres tensions internes, se trouvent projetées brutalement et pour une longue durée sur le devant de la scène ; projetées aussi les unes contre les autres... Le tout dans une société de communication de masse, c'est-à-dire "en direct", avec l'assurance de faire la "une" des informations radiodiffusées, télévisées, écrites, sur une longue période."

C'est dans ces moments où l'indécision et l'incertitude prévalent (Edgard Morin), que le risque de voir naître et se propager les rumeurs est le plus élevé ; quand ce n'est pas la rumeur elle-même qui provoque la crise. La rumeur étant par essence noire (Kapferer 87), il convient d'en connaître les mécanismes si on veut avoir une chance d'y mettre fin.

Situation spécifique, la crise nécessite une communication spécifique, et un savoir-faire spécifique. Les hommes politiques et les partis politiques, qui sont tout spécialement confrontés aux situations de crise, auront sans doute reconnu un moment de leur carrière dans la définition de Laguadec.

Je donnerai à Lyon cette année une série de neuf heures de cours sur la communication de crise. Ces cours mettront — entre autres — l'accent sur la gestion des rumeurs et les rapports avec les médias. Dans le mois qui vient, au plus tard à la mi-septembre, vous trouverez sur ce blog le plan de mes cours lyonnais.

Philippe Bensimon