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"Le vertige des urnes" : Les fondamentaux du marketing politique et leur application selon Jacques Séguéla.

En 2.000, Jacques Séguéla publiait chez Flammarion « Le vertige des urnes », un ouvrage dans lequel il décrivait les différentes campagnes auxquelles il avait participé en tant que communicant. En France, Jacques Séguéla est surtout connu au niveau politique comme le créateur de « La force tranquille », un slogan qui a fait le tour du monde, et de « Génération Mitterand ». Celui qui se surnommait « Fils de pub », propulsé sur le devant du marketing politique par les succès de ses collaborations avec François Miterrand, a participé à la plupart des élections présidentielles dans les pays d'Europe de l'Est, et a aussi travaillé en Afrique, en Amérique du Sud et en Israël.

Son ouvrage aurait pu rester simplement descriptif, et se lire comme un roman. Séguéla a su aller au-delà de l'anecdote pour mettre en évidence les grands principes qui régissent le marketing politique, et son livre fourmille de conseils. Presque huit ans après sa parution, cet ouvrage est toujours aussi passionnant.

Voici les dix grands principes que dégage Jacques Séguéla :
1. On vote pour un homme, pas pour un parti ;
2. On vote pour une idée, pas pour une idéologie ;
3. On vote pour le futur, pas pour le passé ;
4. On vote pour un spectacle, pas pour la banalité ;
5. On vote pour soi, pas pour un candidat ;
6. On vote pour le vrai, pas pour le faux-semblant ;
7. On vote pour une destinée, pas pour la banalité ;
8. On vote pour une valeur, pas pour une fonction ;
9. On vote pour un actif, pas pour un passif ;
10. On vote pour un vainqueur, pas pour un looser.

A cela Jacques Séguéla ajoute trois conseils pour le second tour des élections :
1. Au premier tour on élimine, au second on choisit : démontrer sa différence ;
2. Au premier tour on divise, au second on rassemble ;
3. Au premier tour on se bat, au second on est le gagnant.

Ces quelques conseils, dégagés dans le contexte d'élections présidentielles, méritent d'être médités pour être adaptés à d'autres scrutins, et au cadre, certes quelque peu différent, des élections municipales et cantonales de mars 2008. On est ici bien loin de l'innovation. Mais s'il s'agit de quitter un immeuble, en sortir par la fenêtre du cinquième étage, pour être innovant, n'est pas toujours aussi efficace que passer par la très classique porte d'entrée. Il est des cas dans lesquels le classicisme paie. `

Dans tous les cas, la théorie, ce que le général Gil Fiévet considère comme "la pensée du passé", reste un élément indispensable à l'appréciation de toute stratégie.

Ph. B.