Le blog de Philippe Bensimon

Blog de Philippe Bensimon, conseil et professeur en stratégie et en communication, spécialisé depuis 2000 en marketing politique.

31 décembre 2008

La télé sans pub : le rêve ?

Rfi"La télé sans pub : le Rêve?" C'est le thème du débat organisé le lundi 5 janvier 2009 à 19h15 par la rédaction de radio France Internationale, à l'occasion de la suppression ce jour-là de la publicité en soirée sur les chaines publiques.
Je suis invité à y débattre face à Gilles Reveaud, enseignant à l'Institut des études européennes de l'université Paris VIII et partisan d'une télévision sans publicité.
Le thème étant passionnant, j'espère que le débat le sera également !

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Meilleurs vœux !

V_ux_2009
Bonjour,
Vous êtes à ce jour 27895 visiteurs à être venu consulter ce blog ; vous y avez regardé plus de 45190 pages... Le record d'affluence a bien sûr été battu en février, à l'approche des élections municipales et cantonales : deux journées ont chacune dépassé les 1200 visiteurs. Les questions que vous avez posées sur ce blog touchent essentiellement au code électoral, et les pages que vous avez le plus visitées sont celles concernant les coûts d'une campagne et le financement ce ces coûts.
Le blog étant récent, l'immense majorité d'entre vous l'ont consulté cette année.
J'espère l'an prochain pouvoir aider certains d'entre vous comme cela a été le cas cette année.

2008 a été une année noire, marquée par d'immenses déceptions au plan politique, une paupérisation croissante des populations – pas seulement en France –, une croissance notable de la faim dans le monde, une régression des libertés individuelles dans notre pays, un mépris de plus en plus marqué pour notre constitution et la déclaration des droits de l'homme qui y est attachée, et bien sûr une crise économique que l'on attendait déjà depuis plusieurs années. L'année qui vient sera également très dure au plan économique, notre pays s'apprêtant à enregistrer une montée forte du chômage, et, surtout, s'apprêtant à gonfler une dette publique déjà colossale. Ce qui nous condamne, le jour où la reprise viendra, à ne pas en profiter pleinement. De toute façon, la crise économique dans laquelle nous rentrons ne se contentera pas de durer quelques mois, voire quelques trimestres. Les seuls points positifs à l'horizon viennent de l'étranger. Le premier est l'arrivée au mois de janvier du successeur de George Bush, Barack Obama. Sans préjuger de ce que sera son action, le seul fait qu'un non-Blanc soit élu président de la plus grande puissance mondiale est un gage d'espoir pour toutes les minorités raciales, dans le monde entier en général et dans notre pays en particulier. Le second est le fait que, malgré les efforts de l'Opep, le baril de pétrole est passé en décembre en dessous des 40$. Il restera sans doute très bas en 2009, la récession et les anticipations pessimistes des acheteurs faisant que la demande est faible. Un pétrole bas représente une hausse notable du pouvoir d'achat des ménages. Il est juste regrettable que ce coup de pouce vienne des marchés, et non de l'Etat qui s'accroche à la TIPP sans réaliser tous les effets pervers d'un carburant taxé. Je ferai un de ces jours sur ce blog un comparatif entre les taux de croissance des pays au cours des dix dernières années et les taxes qui y ont été appliquées sur les carburants. Je pense que cela devrait être édifiant ! En dehors de cela, un certain nombre de choses devraient voir leurs prix baisser. D’une part, les USA ont fait le pari tirer sur la planche à billets et de laisser filer leur monnaie. Cela veut dire qu’ils sont en train d’exporter leur déflation. D’autre part, chez nous, la baisse du pouvoir d’achat liée au chômage, et la non-consommation liée à des anticipations pessimistes des ménages, font que les distributeurs n’auront guère d’autre choix que de casser leurs prix. Mieux vaut vendre avec des marges faibles que ne pas vendre du tout. Enfin, la BCE est quasiment condamnée à baisser ses taux directeurs, sous peine de voir l’euro s’envoler face à un dollar qui s’effondre. Autrement dit, si les taux européens ne seront jamais du même ordre que ceux des USA (la Fed a adopté ce mois-ci un taux proche de zéro), les taux des crédits ne devraient pas être très élevés dans les mois qui viennent. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les banques prêteront n’importe quoi à n’importe qui.

2009 sera de toute façon une année dure, mais aussi une année intéressante ; ne serait-ce que par les élections européennes qui vont avoir lieu.

En attendant, je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d'année, et je vous présente mes meilleurs vœux pour 2009. Que cette année vous apporte le bonheur et l'harmonie, à vous et à tous ceux qui vous sont chers !

Philippe Bensimon

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25 décembre 2008

Image et test en politique. Rambo. Dernier Baromètre BVA politique

Image et test en politique. Rambo. Dernier Baromètre BVA politique

Il est difficile de gouverner contre l’avis de son peuple. Nicolas Machiavel dans Le Prince déconseillait déjà il y a quelques siècles cette pratique (cf. article sur ce blog à propos de Machiavel). Il semble donc sain lorsque l’on a une idée de la tester auprès du public avant de la mettre en pratique, et, en cas d’avis défavorable d’une part importante de la population, de la modifier( pour la rendre acceptable, voire d’y renoncer. Non seulement c’est ce qui différencie la démocratie (gouvernement du peuple par le peuple) des autres régimes politiques, mais aussi, dans l’optique machiavélique, il y va de l’intérêt bien compris des dirigeants. Il y a de leur réélection, et le point est d’autant plus sensible que les mandats sont courts. Sans parler du risque de soulèvement populaire pouvant aboutir à l’éviction des dirigeants. L’actualité mondiale récente a montré que ce risque est loin d’être négligeable, même si dans un pays comme le nôtre les gens n’ont pas encore suffisamment faim pour se révolter.

Bref, tester une idée relève de la logique politique, aussi bien pour les candidats qui devraient tester leurs programmes que pour les gouvernant désireux de modifier la loi ou la réglementation.

Le problème est : « comment ?»
Quatre méthodes existent pour prévoir les réactions d’une population :
– 1. la méthode quantitative (sondage sur échantillon représentatif), Elle fournira en particulier le pourcentage approximatif des citoyens qui jugeront une idée acceptable,
– 2. la méthode qualitative (à partir d’interviews en profondeur de petits groupes de personnes). On pourra ainsi obtenir une idée des réactions du public, et avoir une image de la mesure dans celui-ci. La première méthode est celle de Sherlock Holmes scrutant le terrain avec sa loupe (précurseur de la police scientifique !). La seconde est celle de Maigret, accoudé au comptoir des bistrots, à l’écoute des rumeurs et des confidences.
Il existe deux autres méthodes :
3. Celle de Poirot, trouvant la clé du mystère grâce à sa logique implacable et sa grande connaissance de la nature humaine.
4. Et celle de Rambo, envoyé sur le terrain en éclaireur, qui risque sa peau à chaque fois et n’en réchappe que par une chance qui lui colle à la peau par la grâce des scénaristes et la logique financière des héros récurrents.

Tout le monde ne s’appelle pas Hercule Poirot. Les scores de Nicolas Sarkozy au premier trimestre 2008 montrent en tout cas son peu de filiation avec le héros belge.
RamboBeaucoup d’analystes aujourd’hui estiment que le gouvernement joue avec la méthode Rambo : des ministres lancent des « ballons d’essai » gouvernementaux, quitte à se faire officiellement « désavouer » ensuite. Ces dernieres semaines on a ainsi vu Rachida Dati parler de « bon sens » au sujet de la proposition d’incarcération des mineurs de 12 ans, et quelques heures plus tard François Fillon déclarer qu’il était hors de question d’envisager une telle mesure. De même, on a vu Christine Boutin, ministre du logement, préconiser le ramassage et le placement en foyer des SDF, pour s’entendre contrer très peu de temps après par Nicolas Sarkozy lui-même, signalant qu’aucune mesure contraignante ne serait prise, et François Fillon – même si le samedi 14 décembre, au micro de Laurent Ruquier (« on n’est pas couchés »), Christine Boutin a tenté de dire que depuis le début Fillon et elle étaient « sur la même ligne. »

L’annonce de Rachida Dati avait soulevé un tollé général, y compris dans la magistrature. Celle de Christine Boutin avait vu monter au créneau, entre autres, toutes les associations soucieuses de la défense des droit de l’homme et des libertés individuelles.

L’avantage de la méthode Rambo est certes la rapidité, la souplesse et le peu de coût financier. Le problème est que Rambo, dans la réalité, ne revient pas toujours vivant de ses missions. Dans l’armée, l’espérance de vie des éclaireurs est loin d’égaler celle des généraux.

Nous avons déjà eu l’occasion de dire combien une image est longue à construire (pensez-y, futurs candidats à des élections, ce n’est pas en quinze jours ni même en trois mois que vous pouvez espérer mener une campagne électorale). Nous avons aussi dit combien est rapide la destruction d’une image : Nixon et le Watergate, Dominique Baudis et les soirées roses toulousaines, Nicolas Sarkozy passant en quelques mois du statut de candidat élu à celui de président le plus décrié de la 5e république en sont autant d’exemples.

Que reste d’il de l’image de Rachida Dati et de Fillon après leurs échanges ? François Fillon manque-t-il de bon sens ? Le garde des sceaux a-t-il un « bon sens » différent du « bon sens » de son supérieur ? Où est l’unité au sein du gouvernement ? Existe-t-il une réflexion commune avant l’annonce faite par un ministre – dont il faut bien noter qu’il est difficile désormais de distinguer s’il parle en son nom personnel ou au nom du gouvernement. Ce qui est sûr par contre, c’est que, de Dati ou de Fillon, un des deux est dans l’erreur.

J’ai le sentiment que la démarche, hâtive, correspond au désir de répondre instantanément, de surfer sur l’actualité. Or, on sait qu’agir sur l’émotion ne permet pas le recul nécessaire à la prise de décisions pertinentes. S’occuper en hiver du sort des SDF parce que les médias comptent les morts n’est pas très sérieux, surtout quand on décide de traiter les symptômes plutôt que les causes. Rajoutez le fait que la mesure choisie ne s’appliquera que deux ou trois soirs par an à Paris (les soirs où le mercure descend à –6°C), et vous aurez une idée du désastre.

Pour en revenir à nos éclaireurs qui acceptent de se prêter à ce jeu ou le subissent – même involontairement –, je crains pour leur image et leur carrière future. Bénéficient-ils de « parachutes » plus ou moins dorés ? Toujours est-il que dans cette guerre, à force de tirer sur ses propres éclaireurs, le chef de l’Etat risque de voir son image passablement ternie.

Le dernier Baromètre BVA (25 novembre) le donne remontant un peu la pente par rapport au sombre début de l’année ; cela dit, cette remontée s’explique essentiellement par la nécessité en temps de crise de se rassembler autour d’un chef, et l’absence totale de prétendant à ce titre dans la classe politique française. Fragile image. L’électrochoc des Twin Towers avait créé le rassemblement des Américains affolés autour de leur chef George Bush. Aujourd’hui le journaliste tireur de chaussure irakien Mountazer al-Zaïdi qui a failli faire un carton sur le futur ex-président passe pour un héros au plan mondial…

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02 décembre 2008

Marketing politique – La bague de Dati, image et réalité. De la peau d'un symbole à l'uniforme d'Arafat

Il y a quelques jours de cela, j’expliquais à des étudiants que la notion de réalité s’estompait devant la croyance. Je leur donnais alors des exemples de simulacres tirés de la fiction (Philip K. Dick en littérature, « Des hommes d’influence » au cinéma), et de la réalité (la visite de Léon Blum dans une église en URSS, les missions d’Otto Skorzeny, etc.), et, après leur avoir fait voir les images d’archives qui ont trompé les téléspectateurs russes sur l’état de santé du candidat Eltsine en 1996 entre les deux tours de sa réélection, je leur ai signalé que, dans un état non totalitaire où les médias ne sont pas complètement contrôlés, ce genre de machination ne devrait pas être envisagé.

Mercredi dernier, le Figaro a publié à la une une photo de Rachida Dati prise au Sénat le novembre 2008. Le ministre portait alors une bague en or gris pavée de diamants due au joailler Chaumet, d’une valeur de 15.600 €. Ceux qui suivent un peu la presse étrangère connaissent déjà cette énorme bague, que Dati portait par exemple le 21 juin 2008 lors de sa visite dans la banlieue de Casablanca.

Dati_la_bague_avant_apr_sToujours est-il que le Figaro a cru pouvoir, par la magie de la retouche numérique, effacer ce qui aurait pu paraître une insulte lancée à la figure des 2,5 millions d’enfants français qui ne mangent pas à leur faim, et des 100.000 sans-abri qui meurent de froid sur nos trottoirs. La photo ci-contre montre le le site de l'Express publiant les deux images.
Motif officiel donné jeudi dernier à l’AFP par Mme Debora Altman, rédactrice en chef du service photo du Figaro : « C'est une erreur d'appréciation, on l'a fait dans le feu de l'action pour éviter que l'attention se focalise sur elle (la bague) » ; « on trouvait qu'on ne voyait que ça (...) alors qu'on parlait vraiment de la grogne des juges. »
La rédactrice en chef du quotidien a présenté ses excuses, assurant : « Mme Dati n'a absolument rien à voir là dedans, c'est quelque chose qui ne reproduira plus. »
Alors ? Incident clos ? Ca mérite quand même de creuser un peu plus loin. De Pompidou interdisant la publication d’un magazine dans lequel Séguéla le montrait pilotant un hors-bord à Sarkozy faisant retoucher ses « poignées d’amour », on sait que la presse française n’est pas totalement libre. Pire que la censure pompidolienne, il y a l’auto-censure, chacun se demandant ce qui plaira au prince… ou ce qui lui déplaîra. Que les cadres du Figaro estiment que sur la photo originale « on ne voit que ça (la bague) », soit. Regardez bien la photo du site de L’Express reproduisant la une du Figaro et l’original. Je ne trouve pas que la bague masque le visage de Mme Dati. « Erreur d’appréciation. » L’erreur est humaine… Ce qui l’est moins, c’est la volonté délibérée pour un organe de presse de montrer une réalité altérée, corrompue. On n’aime pas la bague ? Hop, on l’enlève. Vous trouvez Rachida Dati trop brune ? Hop, on va lui faire des mèches blondes. Vous la trouvez trop petite derrière Sarkozy ? Hop, on va lui rajouter quelques centimètres. Vous la trouveriez mieux avec un fouet à la ceinture ? Pourquoi ne pas le rajouter… Tout cela est facile à réaliser. A partir du moment où le journaliste commence à déraper, a jouer au démiurge et à vouloir recréer une réalité qui l’arrange, tout devient possible. Où plutôt, rien n’est plus possible. Le Figaro, en un coup de baguette magique, est passé du statut de magazine à celui de roman. Plus aucune confiance ne pouvant lui être accordé. Depuis longtemps, le « c’est vrai, c’est écrit dans la presse » avait pris du plomb dans l’aile. Le « c’est vrai, j’ai vu les photos dans la presse » est en train de suivre le même chemin.
Déontologiquement, il est inadmissible de modifier une image sans l’accord d’une personne. Une personne publique vit de son image, et du message que véhicule celle-ci. Je ne mets pas en cause la bonne foi des cadres du Figaro quand ils disent que Mme Dati n’y est pour rien. Ils ont raison de le faire, la plupart des gens pensant en voyant la manipulation que celle-ci n’a pu être faite que sur l’ordre du ministre, alerté par un de ses conseillers sur le caractère un peu trop « bling-bling » de la bague Chaumet. Il n’en reste pas moins que le traficotage de l’image du garde des sceaux sans son accord reste une procédure « limite ». Que croire ?

Pour en revenir à nos étudiants, je leur faisais noter le danger de la procédure en l’absence de contrôle total des médias. Il n’a pas fallu 24h à l’Express pour dévoiler l’affaire, et la faire mousser abondamment. Bien sûr, l’opinion publique n’apprécie guère, et l’image de Rachida Dati en prend un coup… beaucoup plus fort que si la bague était restée présente à son doigt. Plus fort que la pub, il y a la pub de la pub !
Maintenant, tout le monde – et pas seulement les quelques lecteurs du Figaro – a entendu parler de la bague de Dati, tout le monde en connaît la valeur, et, pire encore, tout le monde sait qu’on a tenté de la cacher…

Notre malheureux ministre n’avait vraiment pas besoin de cela. Juste au moment où les magistrats en colère viennent de signer et de lui présenter une pétition, et où son chef de cabinet vient de lui présenter sa démission. C’est le second dans son genre à quitter brutalement le navire. Peut-être lui non plus n’aimait-il pas les bagues ?

Un lecteur du blog de l’Express résume bien la situation : « peu importe la bague, le fond du débat est qu'un journal dans une démocratie indépendante ne peut pas travestir la réalité. Ici le Figaro veut cacher que madame Dati a une bague de plus 15 000 euros. Pour lui donner une image plus "peuple" il bidouille une photo. C'est très grave la presse doit montrer la vérité et ensuite chacun en pense ce qu'il veut . Puisqu'elle a une bague à 15 600 euros et qu'elle la montre , ce journal doit le monter c'est tout. Manipuler la vérité c'est grave là c'est la bague puis quoi demain ??? Chacun est capable de juger si c'est un détail ou pas d'avoir une telle bague sans qu'un journal pense pour nous, à notre place ... »

Mais il y a encore plus amusant (!). C’est de se demander à qui le crime profite… Sûrement pas à Rachida Dati. Sûrement pas au Figaro. Mais bien à ceux qui veulent la peau de l’ex-symbole devenu très encombrant…

Dernier point intéressant dans cette affaire : la façon de s'habiller n'est pas neutre, mais véhicule bel et bien un message. Il en va bien sûr de même des accessoires de mode. Ce message peut être conscient ou non (j'ose espérer qu'au niveau d'un ministre il l'est), et véhicule entre autres des notions d'appartenance à des groupes de référence, où de désir d'appartenance à ceux-ci. Il est porteur de toute une symbolique, et contribue fortement à la construction de l'image de la personne. En ce sens, l'habit fait le moine. Je vous propose de réfléchir quelques instants sur les tenues vestimentaires de Rachida Dati et de Yasser Arafat.
Rabin_Arafat_kinton_at_peace_talks_Oslo130993_libre_de_droits

La photo est prise en compagnie de Rabin et Clinton a Oslo le 13 septembre 1993, mais je ne crois pas avoir vu souvent Arafat porter une autre tenue... Son uniforme tout entier, keffieh comprise, vaut bien moins que la bague de Mme Dati, mais le message transmis à son peuple avait alors une tout autre force. En continuant à porter l'uniforme, Arafat lui signifiait clairement qu'il continuait à se battre pour lui, et qu'il n'était pas différent des autres combattants palestiniens. En portant la bague Chaumet, Rahida Dati montre de façon tout aussi claire ce qui la sépare de son peuple et de son administration, et à quoi servent les impôts des Français.

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